L’artiste colombien Marcos Avila Foreiro, né en 1983, s’est formé aux Beaux-arts de Paris sous les auspices de Giuseppe Penone. Il s’est découvert au travers de cet enseignement une attraction pour l’empreinte, tant dans son sens graphique que photographique et plus encore ethnographique.

Les projets qu’il mène engagent souvent des communautés en Colombie, en France ou au Maroc. Au niveau métaphorique, l’enjeu qui s’offre à lui est de parvenir à retranscrire la spatio-temporalité vécue à la fois par cette communauté et par lui-même la découvrant, l’investissant, collaborant avec elle. C’est non seulement la question de la transcription d’un « volume habité » (la façon dont telle communauté organise par exemple un village, avec souvent la disposition d’objets rituels, de lieux sacrés) en une « surface habitée », qui en appellerait presque au caractère ésotérique de la photographie. Mais c’est aussi une réflexion sur le rapport entre le passé, le présent et le futur. Comme si le temps et l’espace étaient des fluides, des ondes, dont il s’agirait d’attraper l’ombre, notamment politique.