VOID, l'idée d'un néant sonore visible.

Créé et basé à Bruxelles depuis 2013, VOID est un collectif de plasticiens sonores.

Il réunit Arnaud Eeckhout (Belgique 1987) et Mauro Vitturini (Italie 1985). Tout comme l'onde sonore, leur médium de prédilection, les installations de VOID s'inscrivent dans un temps et un espace donnés. Elles se dévoilent selon la résonance des lieux qu'elles habitent.


Plasticiens fascinés par l'invisibilité du son, ils parviennent à mettre en forme cette absence principalement au travers d'installations sculpturales.

Le premier point nécessitant un éclaircissement est le choix des deux artistes pour le nom de leur collectif : VOID. Que signifie ce mot et surtout quel est le rapport entre leur travail et ce dernier. Le mot VOID signifie en anglais « vide, vide intersidéral », cette idée encore plus forte que le mot emptiness. Il est question pour eux de l'absence, du néant. C'est lors d'une interview en 2016 avec l'artiste et curateur Stephane Roy qu'ils évoquent leur choix et expliquent le lien entre leur nom et leur travail. En effet, ils évoquent l'immatériel comme un des points centraux de leurs recherches artistiques. En effet, le son n'est pas tangible et par ailleurs, il n'est pas toujours présent. C'est pourquoi les deux artistes se sont intéressés dans leur travail au silence et que leur production est bien souvent éphémère à l'image du son finalement. Il y a dans leur travail, une sorte de volatilité sembable à celui du son qui se déplace vite et possède un début et une fin.

« Nous avons très franchement une soif de réalité/réel et notre travail tente d?en délimiter certains contours, de faire ressortir des éléments de notre champ perceptif, afin d'en dégager de nouveaux points de vue, de bousculer le regard que nous portons sur une chose ou un événement? Dans ce dessein, notre axe de recherche est le vide, l'interstice, la périphérie de l'événement en soi. Car nous y voyons un espace non maîtrisé, dans lequel la réalité s'exprime de façon plus sauvage, plus spontannée. Le son, médium immatériel, nous semble dès lors un vecteur de choix dans cette prospection. Parlant du vide, nous aimons paraphraser John Cage qui envisageait le silence comme un espace sonore intentionnel, libre de toute contrainte. »