Aïda Kazarian bâtit depuis quarante ans une oeuvre peinte qui se manifeste dans des tableaux dont certains à la feuille d'or, des livres (Books), des interventions dans l'espace tridimensionnel sous forme de rouleaux peints de longueurs variées.

Son oeuvre est produite la plupart du temps directement avec son corps: son doigt, sans pinceau ni outil. Sa peinture prolonge une tradition ancienne, celle des tapis. Elle retient de cette expérience l'idée de répétition, et son écriture qui suit le mouvement en boustrophédon qu'adoptent les tisseurs et tisseuses. Ses deux parents étaient restaurateurs de tapis d'orient.

Après des études à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, où elle enseigna, elle entame une carrière qui l'amène à exposer tant en Europe qu'en Amérique du Nord.
C'est peu à peu que s'impose sa façon de peindre, avec ses doigts, en se laissant imprégner par la tradition millénaire observée au sein de l'atelier familial. Depuis le début des années 1990, elle expose avec régularité son travail abstrait. Depuis dix ans, on observe une nouvelle orientation dans son oeuvre, qui interroge de plus en plus méthodiquement la mémoire arménienne qu'elle porte en elle.